Cette étude, à la fois statistique et sociologique, s'inscrit dans une réflexion plus large sur la place des instruments économiques dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il s'agit notamment d'examiner l'intérêt du signal-prix pour orienter le comportement des ménages dans le sens d'une réduction des émissions de gaz à effet de serre. La question centrale est de savoir quelle peut être la réduction de la consommation de carburant (et donc des gaz à effet de serre dans le secteur des transports) à attendre d'une hausse du prix du carburant.
Pour ce faire, des ménages ont été interrogés sur l'attitude qu'ils adopteraient si l'un des 3 scénarios suivants se concrétisait :
Scénario 1 : une hausse du coût des carburants faible et régulière (comparable à celle observée ces dernières années) ;
Scénario 2 : une hausse forte et régulière (pour aboutir progressivement à un doublement du prix d'ici 7 ou 8 ans) ;
Scénario 3 : une hausse forte et brutale (avec un doublement du prix dès l'année prochaine).
Les réponses dépendent fortement des divers facteurs qui caractérisent les dits ménages (composition, lieu de résidence, revenus...). Cependant, quelques grandes tendances se dégagent :
- le scénario 1 apparaît le plus réaliste et n'entraînerait pas de modification majeure quant à l'usage de la voiture, les familles estimant avoir déjà optimisé et rationalisé leurs déplacements ;
- le scénario 2 représente des échéances trop lointaines pour que les ménages en envisagent dès maintenant les conséquences ;
- pour le scénario 3, les auteurs de l'étude sont amenés à considérer 3 catégories de ménages :
> ceux qui disposent de revenus élevés, résident au centre de l'agglomération et disposent de revenus suffisants pour absorber la hausse des carburants sans bouleverser leurs habitudes ;
> ceux qui sont sensibles aux thématiques environnementales et qui ont déjà optimisé leur comportement ;
> ceux qui subissent des contraintes à la fois géographiques (résidence en périphérie) et économiques, qui ne peuvent modifier leur comportement (en particulier trajet domicile-travail, parfois avec des horaires décalés) et doivent donc se résigner à supporter les hausses.
Le rapport final complet de cette étude est disponible dans la rubrique
« Recherches du Predit ».